Portrait dans Ouest-France

Médiateur culturel, auteur, conférencier… À 32 ans, notre correspondant William Chevillon est une référence en matière de patrimoine. Érudit, fin connaisseur des lieux grâce aux archives, il est aussi un passionné des relations humaines. Issu d’un débat échauffé en conseil municipal à La Roche-sur-Yon, le surnom aurait pu le fatiguer. À 32 ans, William Chevillon en sourit en toute simplicité : « Stéphane Bern de la Vendée, ça me va bien. » Habile défenseur du patrimoine à travers ses livres et ses conférences, en particulier à La Roche-sur-Yon et à Fontenay-le-Comte, le médiateur culturel s’intéresse bien davantage aux habitants qu’aux têtes couronnées. Il est surtout un enquêteur d’une curiosité hors norme. À deux pas du Grand R, la scène nationale qu’il vient de quitter après huit années au poste d’attaché à l’accueil du public et de la billetterie, cette figure locale tourne une page. Appelé à rejoindre la Normandie (Granville) pour des raisons personnelles, William Chevillon n’en gardera pas moins un œil sur la Vendée. On sait qu’il emporte avec lui son impressionnante bibliothèque et ses archives. Publiera-t-il enfin un livre sur La Roche-sur-Yon, comme beaucoup le lui suggèrent ? Sourire mystérieux en guise de réponse. Ce qui est sûr, c’est que la matière recueillie au fil des ans a été soigneusement conservée. Plusieurs livres En réalité, voilà des années que William Chevillon publie ses photos et ses textes. Les Yonnais lui doivent déjà un inventaire de l’Art public à La Roche-sur-Yon. Les éditions du CVRH (Centre vendéen de recherches historiques) lui ont confié la rédaction du livre A la découverte de Fontenay-le-Comte, paru en 2020. Au printemps 2023, il enchaînait avec la publication d’une étude sur Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, à l’occasion des 600 ans symboliques de la reconstruction de l’édifice. Très récemment, il a préfacé le livre D’architecture en architecture, qui raconte les mémoires de l’architecte vendéen Guy Durand. Les lecteurs de Ouest-France lui doivent aussi de nombreuses contributions comme correspondant. Ses recherches et ses éléments d’une précision jamais prise en défaut sont d’un grand secours pour la rédaction. Il pose : « Quand on me donne la possibilité de raconter le sort des nombreux malades de la Grimaudière, le futur hôpital psychiatrique Mazurelle à La Roche-sur-Yon, pendant la Seconde guerre mondiale, c’est vraiment quelque chose de fort pour moi. » « Une histoire de liens » Oubliez l’érudit poussiéreux et prétentieux. S’il a le goût de l’archive, William Chevillon goûte aussi l’autodérision. En témoignent ses amusantes publications sur les réseaux sociaux. L’ancien timide a aussi su cultiver le don d’aller vers les gens. Il rend hommage : « Ma scolarité a été compliquée mais le bénévolat, à travers plusieurs associations, m’a ouvert aux autres. C’est indispensable quand on veut faire un inventaire. » Au fil des archives et des témoignages, ce passionné recompose patiemment le puzzle de l’histoire d’un lieu, d’une œuvre. La démarche est riche en relations humaines : « Je contacte régulièrement des descendants d’artistes pour consulter les archives privées. Je suis toujours très bien accueilli. Quand on vient avec un projet de transmission pour l’œuvre de quelqu’un qui a été un peu oubliée depuis 40 ou 50 ans, cela suscite de l’émotion. Les gens sont touchés », confie William Chevillon. Les artistes d’aujourd’hui trouvent aussi en lui un ardent défenseur. « Une histoire de liens, là aussi », appuie le jeune homme. En 2018, il avait notamment participé la mise en place d’une exposition éphémère au sein de l’hôtel Formule 1, au bord de la démolition : l’expo Open Graf avait attiré des milliers de personnes. Quelques mois plus tôt, ses connaissances du département lui avaient valu d’être le guide de l’émission Des racines et des ailes. En hélicoptère s’il vous plaît, survolant pour une fois la Vendée comme il ne l’avait jamais vue.

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