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L’espace du paysage

Il est question d’une cour, carrée, de communs d’un château quelque-part en forêt. Au centre un arbre, un tilleul même, il a la forme d’un bouton de pivoine. C’est le printemps, humide comme il ne l’a pas été depuis des années. Froid peut-être aussi. Peut-être car je crois avoir oublié ce qu’est un printemps ordinaire. Cet arbre est mon paysage, et quand je dis mon paysage je veux dire mon paysage de ce jour, celui qui me fera dire, peut-être, dans quelques années : « Rappelle-toi c’est l’endroit où il y avait un tilleul dont les feuilles se développaient par le dessous ! ». Il était vraisemblablement moins risqué de commencer proche du sol plus chaud que l’air.

Une cour carrée, des communs, un tilleul peu banal, moi, lui, les gens, mon paysage.

Un autre arbre, celui du champ qui borde la route départementale, un chêne vaillant et solitaire, a longtemps été mon paysage depuis la fenêtre du car scolaire. Dans le creux des racines des mares éphémères apparaissaient en hiver. L’été, les blondes d’Aquitaines y paissaient. Je ne sais ce que je pourrais en dire dans quelques années, il y eut trop de jours. Le tilleul je m’en souviendrai parce qu’il n’y a eu qu’un jour, une strate. Cet arbre est mon paysage, et quand je dis mon paysage je veux dire ce que j’y mets. Une pièce dans un feuilletage où tout est important, la progression autant que le résultat.

2 réponses sur « L’espace du paysage »

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