{"id":737,"date":"2024-01-14T19:04:20","date_gmt":"2024-01-14T18:04:20","guid":{"rendered":"https:\/\/williamchevillon.fr\/?p=737"},"modified":"2024-06-10T23:14:02","modified_gmt":"2024-06-10T21:14:02","slug":"110-ans-de-cinema-rue-gouvion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/williamchevillon.fr\/index.php\/2024\/01\/14\/110-ans-de-cinema-rue-gouvion\/","title":{"rendered":"110 ans de cin\u00e9ma rue Gouvion"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>\u00c0 celles et ceux qui ont fait et font vivre le Concorde, le Familial, le Rex, Alpha 3, L&rsquo;Image, les festivals. \u00c0 celles et ceux de la SODECSO, la SOREDIC, la Sc\u00e8ne nationale (notamment Daniel Ramponi), la Ville et l&rsquo;EPCCCY.<\/em> <em>Aux associations (Festi&rsquo;Clap, Off Screen, Argone&#8230;). \u00c0 Bernard et Clotilde Barto, \u00e0 Ren\u00e9 Naulleau. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>\u00c0 celles et ceux de l&rsquo;ombre comme de la lumi\u00e8re.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Texte prononc\u00e9 publiquement le 14 janvier 2024 au cin\u00e9ma Concorde de La Roche-sur-Yon, avant d\u00e9m\u00e9nagement.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je ne sais o\u00f9 se sont bris\u00e9s les fils qui me rattachent \u00e0 mon enfance. Comme tout le monde, ou presque, j\u2019ai eu un p\u00e8re et une m\u00e8re, un pot, un lit-cage, un hochet, et plus tard une bicyclette que, para\u00eet-il, je n\u2019enfourchais jamais sans pousser des hurlements de terreur \u00e0 la seule id\u00e9e qu\u2019on allait vouloir relever ou m\u00eame enlever les deux petites roues adjacentes qui m\u2019assuraient ma stabilit\u00e9. Comme tout le monde, j\u2019ai tout oubli\u00e9 de mes premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019existence.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon enfance fait partie de ces choses dont je sais que je ne sais pas grand-chose. Elle est derri\u00e8re moi, pourtant, elle est le sol sur lequel j\u2019ai grandi, elle m\u2019a appartenu, quelle que soit ma t\u00e9nacit\u00e9 \u00e0 affirmer qu\u2019elle ne m\u2019appartient plus.<\/p>\n<cite>Georges Perec, W ou le souvenir d&rsquo;enfance<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Je remercie Mathias, l\u2019\u00e9tablissement public et le Concorde de leur invitation. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher d\u2019avoir une pens\u00e9e pour les \u00e9quipes pr\u00e9sentes et pass\u00e9es, qui font vivre le cin\u00e9ma en ces murs et dans d\u2019autres tr\u00e8s prochainement. Je pense aux femmes et aux hommes charg\u00e9s de l\u2019entretien, de l\u2019accueil, de la projection, de la programmation, de l\u2019administration, de la direction\u2026 Leur travail est \u00e0 saluer.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense au chien de Rosella dans le hall d\u2019accueil, \u00e0 mes grands-parents qui ont probablement vu leur premier film en amoureux ici et au cin\u00e9phile averti qui, se trompant de cin\u00e9ma le 30 juin 1998 \u00e0 22h30, a vu en ces murs <em>Le D\u00eener de cons<\/em> en lieu et place de <em>Alien la r\u00e9surrection<\/em> aux 3 Alphas.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous me permettrez d\u2019avoir \u00e9galement un sentiment pour Bernard Barto avec qui j\u2019ai eu plaisir \u00e0 \u00e9changer des ann\u00e9es durant. J\u2019ai appris son d\u00e9c\u00e8s par un message ouvert ici-m\u00eame en mars dernier. Le r\u00f4le de Bernard et Clotilde Barto dans l\u2019architecture de la r\u00e9gion est majeur, pour ne pas dire fondateur \u00e0 certains \u00e9gards.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a sans doute autant de Concorde que de personnes pour en parler. En premier lieu l\u2019histoire qui peut \u00eatre vue comme un enchev\u00eatrement de dates.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>5 septembre 1532&nbsp;: une vache sort de son pr\u00e9 situ\u00e9 ici et s\u2019\u00e9gare sur le chemin de La Roche \u00e0 Mouilleron ;<\/li>\n\n\n\n<li>16 ao\u00fbt 1754&nbsp;: rien \u00e0 signaler ;<\/li>\n\n\n\n<li>25 mai 1804&nbsp;: un homme c\u00e9l\u00e8bre, bien davantage bicorne que popcorn, signe le d\u00e9cret de fondation de la ville sur la recommandation d\u2019un certain Gouvion. La rue est trac\u00e9e, sur le papier ;<\/li>\n\n\n\n<li>20 avril 1897\u00a0: Charles Moisson, ing\u00e9nieur pour les fr\u00e8res Lumi\u00e8re, est \u00e0 La Roche-sur-Yon. Dot\u00e9 d\u2019un cin\u00e9matographe \u00e0 manivelle, il est le premier \u00e0 filmer les mouvements d\u2019un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et de sa d\u00e9l\u00e9gation ;<\/li>\n\n\n\n<li>2 juillet 1899&nbsp;: le cin\u00e9matographe fait sensation \u00e0 La Roche parmi les attractions foraines de la f\u00eate des courses ;<\/li>\n\n\n\n<li>11 mai 1913 : S\u00e9ance de cin\u00e9ma au Skating Palace rue de Bordeaux. Les ing\u00e9nieurs de Path\u00e9 viennent d&rsquo;installer une salle fixe pour la premi\u00e8re fois \u00e0 La Roche-sur-Yon ;<\/li>\n\n\n\n<li>18 octobre 1913, extrait du journal <em>Le Messager de la Vend\u00e9e<\/em> :<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Le th\u00e9\u00e2tre cin\u00e9ma Path\u00e9, dirig\u00e9 par M. R. Hauti\u00e8res, vient de s&rsquo;installer 8, rue Gouvion, \u00e0 La Roche-sur-Yon. Ce soir, samedi 18 et demain, dimanche 19 octobre, \u00e0 8 h. 1\/2 :<\/p>\n\n\n\n<p>La grande pi\u00e8ce \u00e0 succ\u00e8s du Gymnase : <em>Le Secret de Polichinelle<\/em>, d&rsquo;apr\u00e8s la c\u00e9l\u00e8bre com\u00e9die de Pierre Wolff, interpr\u00e9t\u00e9e par MM. Num\u00e8s : Jouvenel; Maupr\u00e9 : Henri ; Mlle Andral : Mlle Jouvenel; Mlle Lyrisse : Marie; M. Collen : le vieil ami.<\/p>\n\n\n\n<p>En suppl\u00e9ment aux deux \u00e9ditions de <em>Path\u00e9 Journal<\/em> :<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Aviateur P\u00e9goud qui, de retour de Londres, \u00e9merveille la foule par ses exploits d&rsquo;une folle t\u00e9m\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un beau drame en couleurs : <em>Fiert\u00e9 Indienne<\/em>, et trois films ultra comiques, interpr\u00e9t\u00e9s par : B\u00e9b\u00e9, le plus jeune comique du monde ; Max Linder et Prince, les rois du rire ; l&rsquo;inimitable Fragson, et Mlle Renouard, du Vaudeville.<\/p>\n\n\n\n<p>Salle moderne, orchestre, bruits de sc\u00e8ne, buffet, bar, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne doutons pas que ce programme de choix n&rsquo;obtienne le succ\u00e8s qu&rsquo;il m\u00e9rite.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong>Ainsi d\u00e9but\u00e8rent 110 ans de cin\u00e9ma rue Gouvion&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un cin\u00e9ma dans la ville et de la ville en regard du cin\u00e9ma. Le cin\u00e9ma par rapport \u00e0 la ville et \u00e0 ses habitants, les bouleversant parfois, \u00e0 leur rythme dans d\u2019autres cas.<\/p>\n\n\n\n<p>Une salle paroissiale o\u00f9 il fait bon sortir en cette saison 1913\u00b71914&nbsp;; souvent une s\u00e9ance le samedi soir et deux le dimanche. Lorsque <em>Fantomas<\/em> de Louis Feuillade est projet\u00e9, les jeunes \u00e9l\u00e8ves du conservatoire accompagnent les images. Dans d\u2019autres cas, des musiciens venus par le train remplissent cette d\u00e9licate mission.<\/p>\n\n\n\n<p>Une salle paroissiale en regard des patronages la\u00efques, portrait d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en plusieurs polarit\u00e9s o\u00f9 chacun cherche sa place, mais il semble que la dualit\u00e9 s\u2019estompe le temps de quelques s\u00e9ances. Et lorsque le tocsin de 1914 se superpose aux affiches ordonnant la mobilisation, c\u2019est une part du quotidien qui se fige. Les salles de loisirs et de projection ferment, femmes et hommes s\u2019appr\u00eatent \u00e0 vivre au rythme implacable de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Sit\u00f4t n\u00e9, le cin\u00e9ma se fait reflet de la ville et de ses temporalit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9cessit\u00e9 d\u2019all\u00e9ger le poids des jours \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et souhait de diffuser les images officielles, le cin\u00e9matographe s\u2019installe au Th\u00e9\u00e2tre de La Roche-sur-Yon le 20 novembre 1915. Une semaine passe et la salle Gouvion rouvre ses portes apr\u00e8s quelques travaux de rafra\u00eechissement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>C\u2019est le premier temps&nbsp;: le temps des lieux qui changent<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la guerre, le cin\u00e9ma fait davantage partie du quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 est en mutation, en Vend\u00e9e le milieu paysan s\u2019urbanise un peu plus. Le monde change, les mani\u00e8res de vivre avec lui. Les exploitants le savent et l\u2019aust\u00e8re salle paroissiale de la rue Gouvion est ras\u00e9e au profit d\u2019un \u00e9tablissement de grande capacit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 peine quelques mois auront suffi pour dresser la charpente m\u00e9tallique et inaugurer le Familial. Le 10 octobre 1936 on se presse \u00e0 l\u2019inauguration pour les actualit\u00e9s et <em>Don Quichotte<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Modernis\u00e9, le cin\u00e9ma est parlant, en 35 mm et sans ruptures entre chaque bobine. Les projections se succ\u00e8dent alors m\u00eame que l\u2019activit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale de la paroisse y subsiste. Deux ans plus tard, le 15 d\u00e9cembre 1938 le Rex ouvre ses portes rue du Mar\u00e9chal-Foch. Il demeurera en tant que cin\u00e9ma jusqu\u2019en 1982. La paroisse et son \u00ab\u00a0cin\u00e9ma des familles\u00a0\u00bb, comme il est appel\u00e9 parfois, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le Rex et le Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019autre. En 1939 la couleur fait son apparition \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Puis la guerre, encore, et le renouveau des ann\u00e9es 50.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est aux architectes Jean-Baptiste Durand et Michel Fran\u00e7ois que l\u2019on doit la modernisation du Familial. Une nouvelle fa\u00e7ade en b\u00e9ton, plaqu\u00e9e le long de la rue fa\u00e7on saloon, les ar\u00eates vives et les ouvertures en rythme. Avant chaque s\u00e9ance, la m\u00eame sonnerie au ton aigrelet et la 2CV arrivant rue Racine avec les gosses \u00e0 l\u2019arri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"676\" src=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Concorde-1024x676.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-738\" srcset=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Concorde-1024x676.jpg 1024w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Concorde-300x198.jpg 300w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Concorde-768x507.jpg 768w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Concorde-1200x792.jpg 1200w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Concorde.jpg 1319w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La salle rue Gouvion en 1976, archives municipales de La Roche-sur-Yon<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>1972 c\u2019est le temps du changement, demeureront les esprits nimb\u00e9s de nostalgie. La SODECSO (Soci\u00e9t\u00e9 de diffusion et d&rsquo;exploitation cin\u00e9matographique du sud-ouest) ach\u00e8te le cin\u00e9ma vieillissant. Exit les strapontins et les grin\u00e7ants si\u00e8ges en bois du balcon, la salle est r\u00e9nov\u00e9e dans l\u2019air du temps, premi\u00e8re \u00e9tape d\u2019un processus au long cours. Plus de trois-cent fauteuils Pullman sont riv\u00e9s au sol. Ic\u00f4ne d\u2019une industrie \u00e0 la pointe, le Concorde peut d\u00e9coller le 17 d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1973 Jean Lefebvre est balayeur de rue \u00e0 La Roche-sur-Yon dans <em>Mais o\u00f9 est donc pass\u00e9e la septi\u00e8me compagnie<\/em>. Enfant, j\u2019ai longtemps cru que la ville tenait une notori\u00e9t\u00e9 nationale de cet \u00e9tat de service quelque peu improbable. On est loin de Jacques Demy qui, bien avant, h\u00e9sitait entre Rochefort, Hy\u00e8res, Saumur et le chef-lieu vend\u00e9en pour ses c\u00e9l\u00e8bres <em>Demoiselles<\/em>. Une histoire de perspective visuelle, d\u2019ouverture sur la mer et\u2026 de difficult\u00e9 \u00e0 faire repeindre les volets.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1976 tout semble changer, tout peut changer. Le peintre Georges Mathieu a d\u00e9j\u00e0 livr\u00e9 son improbable usine en forme d\u2019\u00e9toile \u00e0 Fontenay-le-Comte, d\u2019une ligne franche et dure la tour Bretagne d\u00e9coupe le ciel de Nantes, \u00e0 La Roche on a imagin\u00e9 une serre immense, une butte de 30 m\u00e8tres de hauteur ou encore des barres d\u2019immeubles sur la place Napol\u00e9on.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les salles obscures on se passionne pour <em>Taxi Driver<\/em>, <em>L&rsquo;Aile ou la cuisse<\/em> ou <em>King Kong<\/em>. Au Hit-Parade Sylvie Vartan fait pleurer les blondes et Michel Sardou dit \u00e0 quelqu\u2019un qu\u2019il va l\u2019aimer. Soyouz 23 est lanc\u00e9 \u00e0 Ba\u00efkonour, au num\u00e9ro 8 de la rue Gouvion un curieux vaisseau sort de terre. L\u2019immuable cin\u00e9ma s\u2019agrandit par le sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors qu&rsquo;il bouleverse le front de mer de Saint-Jean-de-Monts d&rsquo;une vague moderniste, Ren\u00e9 Naulleau est appel\u00e9 \u00e0 donner son visage au Concorde.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux nouvelles salles, un hall moderne, tout le confort et toutes les commodit\u00e9s. Mais dans la ville au plan rigide il faut se d\u00e9marquer sans \u00e9craser, donner de l\u2019\u00e9clat sans occulter l\u2019existant, bousculer sans faire de vagues, \u00e9veiller les esprits en respectant les lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Un plasticien apporte la plus \u00e9clatante des r\u00e9ponses : Bernard Barto qui a d\u00e9j\u00e0 mis en couleur les usines Esswein et Big-Chief pour l\u2019agence Durand-M\u00e9nard. C\u2019est l\u00e0 le tour de force de Ren\u00e9 Naulleau, faire appel aux artistes et jouer la compl\u00e9mentarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Barto \u00e9chafaude plusieurs projets, porte sur le papier les esquisses les plus vives, mat\u00e9rialise les flux et offre au Concorde un corset de b\u00e9ton reliant le vieux cin\u00e9ma aux deux nouvelles salles. Une architecture l\u00e9g\u00e8re. D\u00e9pos\u00e9e sur la ville, comme l&rsquo;\u00e9cheveau que l\u2019on place d\u00e9licatement dans un compartiment du tiroir.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est parce qu\u2019il a conscience que le plan de la ville offre le m\u00eame espace aux b\u00e2timents et \u00e0 la lumi\u00e8re du ciel que le plasticien souhaite que la fa\u00e7ade s\u2019\u00e9mousse selon les fa\u00eetages voisins et suive les lignes de fuite.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur, le blanc immacul\u00e9 est enrubann\u00e9 de 140 m\u00e8tres de n\u00e9ons d\u2019un bleu ciselant l\u2019architecture. Fabriqu\u00e9s dans la r\u00e9gion, les m\u00eames n\u00e9ons accompagnent les spectateurs vers les salles et font flotter le guichet dans le hall. Sur les fa\u00e7ades on peut lire \u00ab&nbsp;Concorde&nbsp;\u00bb dans un lettrage \u00e9voquant les calculateurs \u00e9lectroniques. C\u00f4t\u00e9 ouest on imagine projeter les bandes annonces sur le grand mur laiss\u00e9 vide.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Bernard-Barto-Concorde-La-Roche-sur-Yon-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-601\" srcset=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Bernard-Barto-Concorde-La-Roche-sur-Yon-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Bernard-Barto-Concorde-La-Roche-sur-Yon-300x200.jpg 300w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Bernard-Barto-Concorde-La-Roche-sur-Yon-768x512.jpg 768w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Bernard-Barto-Concorde-La-Roche-sur-Yon-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Bernard-Barto-Concorde-La-Roche-sur-Yon-2048x1365.jpg 2048w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Bernard-Barto-Concorde-La-Roche-sur-Yon-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Bernard-Barto-Concorde-La-Roche-sur-Yon-1980x1320.jpg 1980w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Concorde autour de 1977. Clich\u00e9 : agence Barto<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En proc\u00e9dant de la sorte, Naulleau et l\u2019agence Barto n\u2019ont pas construit un cin\u00e9ma, mais une identit\u00e9, un signal implacable, un b\u00e2timent comme une vigie furtive dans la trame urbaine. La Roche-sur-Yon a son <em>Cin\u00e9ma Paradiso<\/em>, diront certains bien plus tard. Une architecture hors du temps, un rep\u00e8re presque cosmique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau Concorde est n\u00e9, trois salles le 27 novembre 1976 et un label \u00ab&nbsp;art et essai&nbsp;\u00bb attribu\u00e9 par le CNC.<\/p>\n\n\n\n<p>Un mois auparavant l\u2019Alpha 3 ouvrait ses portes rue Boileau, il y demeurera jusqu\u2019en 2005, les derniers temps sous le nom \u00ab\u00a0L\u2019Image\u00a0\u00bb. Pour certains c\u2019est l\u2019histoire des projections tard le soir et dont on peut avoir honte, pour d\u2019autres c\u2019est le souvenir des premi\u00e8res d\u00e9couvertes un dimanche matin.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1982, une quatri\u00e8me salle est creus\u00e9e. Rue Racine l\u2019enseigne \u00ab\u00a04 cin\u00e9mas\u00a0\u00bb \u00e9tincelle dans la nuit. Le Concorde a trouv\u00e9 sa vitesse de croisi\u00e8re, on y d\u00e9rushe m\u00eame les images de films tourn\u00e9s dans la r\u00e9gion. En 1986, la soci\u00e9t\u00e9 rennaise SOREDIC le rach\u00e8te puis, en 2002 c\u2019est au tour de la Ville de se porter acqu\u00e9reuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Et lorsque se pose la question d\u2019une gestion diff\u00e9rente, un incendie survient, en 2004.<\/p>\n\n\n\n<p>Les difficult\u00e9s ne sont alors pas nouvelles et l\u2019engagement de femmes et hommes, anonymes pour la plupart, a donn\u00e9 corps \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un \u00e9tablissement public ainsi qu\u2019\u00e0 la renaissance du lieu.<\/p>\n\n\n\n<p>On enl\u00e8ve le chiffre&nbsp;\u00ab&nbsp;4&nbsp;\u00bb et la lettre \u00ab&nbsp;s&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019enseigne, les d\u00e9sormais deux salles de la rue Gouvion reprennent vie en 2008. Yannick Reix est \u00e0 leur t\u00eate, Bernadette Lafont en sera la marraine pour le premier anniversaire de la r\u00e9ouverture.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Deuxi\u00e8me temps&nbsp;: les histoires que l\u2019on se raconte<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>&#8211; 8 juin 1940, la chaleur est \u00e9crasante sur la ville. Le soir, on sort les tables dans la rue, on esp\u00e8re la fra\u00eecheur et l\u2019on guette les in\u00e9vitables cons\u00e9quences de la guerre en cours. Soyons clair, le 8 juin 1940 on s\u2019ennuie ferme \u00e0 La Roche-sur-Yon. On sait que l\u2019arm\u00e9e adverse va arriver, mais on ignore quand. Alors on attend, on trouve un ennemi dans le moindre voisin de table au restaurant puis on se ravise. On attend et on disserte.<\/p>\n\n\n\n<p>Raymond Queneau, lui aussi, attend. Depuis deux ans il traduit et lit pour Gallimard, il a d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 les Surr\u00e9alistes et n\u2019a pas encore publi\u00e9 <em>Exercices de style<\/em> ou <em>Zazie dans le m\u00e9tro<\/em>. Le 8 juin 1940 voil\u00e0 quelques semaines qu\u2019il s\u00e9journe \u00e0 La Roche-sur-Yon \u00e0 manier les armes \u00e0 la caserne, craindre un bombardement, \u00e9crire son journal ou des lettres \u00e0 Jean Paulhan de la <em>Nouvelle Revue fran\u00e7aise<\/em>. Parce qu\u2019il attend, et s\u2019ennuie probablement tout aussi ferme que l\u2019on peut s\u2019ennuyer fermement un 8 juin 1940 \u00e0 La Roche-sur-Yon, il se rend le soir au Familial&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Cin\u00e9ma&nbsp;: Th\u00e9r\u00e8se Martin est sainte Th\u00e9r\u00e8se de Lisieux.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai trouv\u00e9 le film idiot. On dirait que le plus grand miracle de cette sainte est d\u2019avoir rabiboch\u00e9 un mariage d\u00e9faillant. C\u2019est en effet un grand miracle.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>&#8211; Un jour de f\u00e9vrier en 2012, un gar\u00e7on aime un gar\u00e7on, mais il ne sait pas si l\u2019autre gar\u00e7on l\u2019aime aussi. Le second, celui dont le premier ne sait pas\u2026, propose une sortie au Concorde&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a <em>La Dame de fer<\/em> ce soir. Tu viens&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment\u00a0! Le premier ne bronche pas et est enthousiaste \u00e0 l\u2019id\u00e9e de partager un moment face \u00e0 Margaret Thatcher.<\/p>\n\n\n\n<p>Et alors que Meryl Streep clame \u00ab&nbsp;No! No! No!&nbsp;\u00bb, le premier s\u2019enfonce dans son si\u00e8ge en similicuir orang\u00e9 sans parvenir \u00e0 penser autre chose que \u00ab&nbsp;Prends-moi la main&nbsp;! Prends-moi la main&nbsp;! Prends-moi la main&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"678\" src=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/CRSbviUXAAEfCqh.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-739\" srcset=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/CRSbviUXAAEfCqh.jpg 1024w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/CRSbviUXAAEfCqh-300x199.jpg 300w, https:\/\/williamchevillon.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/CRSbviUXAAEfCqh-768x509.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Rex vers 1975, archives municipales de La Roche-sur-Yon<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>&#8211; 29 septembre 1970, <em>Presse Oc\u00e9an<\/em> se passionne en pages r\u00e9gionales pour un gendarme de Palluau dont la tortue doit pondre un \u0153uf. \u00c0 21h au Rex on projette <em>MASH<\/em> de Robert Altman. L\u2019an pass\u00e9 Frida Boccara a gagn\u00e9 le concours de l\u2019Eurovision pour la France\u00a0; elle n\u2019a pas encore sorti <em>L\u2019ann\u00e9e o\u00f9 Picoli<\/em>, mais <em>Les Choses de la vie<\/em> bouleversent d\u00e9j\u00e0 le paysage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 un tournant de son existence une femme prend place sur l\u2019un des fauteuils du Familial.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u266a Ce soir nous sommes septembre<\/p>\n\n\n\n<p>Et j&rsquo;ai ferm\u00e9 ma chambre<\/p>\n\n\n\n<p>Le soleil n&rsquo;y entrera plus<\/p>\n\n\n\n<p>Tu ne m&rsquo;aimes plus<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0-haut un oiseau passe<\/p>\n\n\n\n<p>Comme une d\u00e9dicace<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le ciel&#8230; \u266a<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Si Claude Sautet l\u2019avait souhait\u00e9 cette femme entendrait Romy Schneider chanter la <em>Chanson d\u2019H\u00e9l\u00e8ne<\/em>. Elle est convaincue, des ann\u00e9es apr\u00e8s, qu\u2019elle l\u2019a entendue, ici.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2017, alors que je viens de me faire larguer et que je pleure en l\u2019\u00e9coutant, je suis persuad\u00e9, aussi, que cette chanson \u00e9tait dans le film, persuad\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 \u00e9crire cette conf\u00e9rence. Comme si le cin\u00e9ma \u00e9tait avant tout une affaire de prolongement dans le r\u00e9el, de d\u00e9veloppements hors de l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Troisi\u00e8me temps&nbsp;: faire vivre les films<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pourquoi pas un festival&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e germe au seuil de 1975 et, le 14 avril, <em>Phantom of the Paradise<\/em> de Brian de Palma ouvre les premi\u00e8res journ\u00e9es cin\u00e9matographiques de La Roche-sur-Yon organis\u00e9es par le Concorde et l\u2019Association fran\u00e7aise des cin\u00e9mas d\u2019art et essai. <em>La Plan\u00e8te des singes<\/em>, <em>La Plan\u00e8te sauvage<\/em>, <em>Soleil vert<\/em>\u2026 huit films de science-fiction et dix-neuf heures de projection dans la salle, encore unique, de la rue Gouvion.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me \u00e9dition, celle du printemps 1977, occupe une place toute particuli\u00e8re. Dans le cin\u00e9ma flambant neuf on accueille les acteurs de l\u2019art et essai de toute la r\u00e9gion, mais aussi les repr\u00e9sentants nationaux du secteur. Com\u00e9dies polici\u00e8res et dramatiques d\u2019Alain Tanner, Hal Ashby ou Alain Resnais\u2026 102 projections sont programm\u00e9es sur quelques jours dont l\u2019une des premi\u00e8res en province de <em>Quand la Panth\u00e8re rose s&#8217;emm\u00eale<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi pas un festival&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e revient quand est questionn\u00e9e la place du cin\u00e9ma dans la ville. Associations, exploitants de salles, Ville, Sc\u00e8ne nationale et beaucoup d\u2019anonymes, portent <em>En route vers le monde<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re \u00e9dition a lieu du 8 au 13 octobre 2002 sous le parrainage de Bernard Giraudeau. Dominique Bonnement en est la d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, Philippe Lemoine le directeur artistique. Chaque automne d\u00e9sormais la ville s\u2019appr\u00eate, cherche \u00e0 \u00e9gayer son image pour accueillir festivaliers, r\u00e9alisatrices, acteurs\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Si la couleur de l\u2019affiche est rose, les rues seront roses, si la couleur de l\u2019affiche est bleue on mettra du colorant dans les fontaines et l\u2019on accrochera des mobiles de plastique translucide sous les globes des lampadaires \u00e0 sodium.<\/p>\n\n\n\n<p>Et dans la m\u00e9moire d\u2019un enfant grandissant en campagne, <em>En route vers le monde <\/em>compte parmi les premi\u00e8res marques \u00e0 l\u2019esprit des sorties hors du village. <em>Jour de f\u00eate<\/em> de Jacques Tati au parterre du Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019italienne, <em>La Petite Vendeuse de soleil<\/em> de Djibril Diop Mambety assis sur un si\u00e8ge bien trop grand quand on mesure 1,29 m et qu\u2019on ne sait pas se tenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la possible chute du cin\u00e9ma en ville, la disparition \u00e9ventuelle, le festival demeurant malgr\u00e9 tout, celles et ceux qui ont fait perdurer l\u2019aventure, les m\u00eames et les autres qui ont port\u00e9 le Concorde, certains qui ont cru qu\u2019il fallait passer \u00e0 autre chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis l\u2019\u00e9tablissement public, les associations et collectifs, le <em><a href=\"https:\/\/www.fif-85.com\/\">Festival international du film<\/a> <\/em>depuis 2010&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Yannick Reix, Emmanuel Burdeau, Paolo Moretti, Charlotte Serrand. Jean-Pierre L\u00e9aud en quatre par trois sur le mur du conservatoire, la <em>Nuit de l\u2019Apocalypse<\/em> ou la <em>Nuit Michel Hazanavicius<\/em>, la suite de tout cela qui se dessine encore aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Car l\u2019histoire du Concorde est presque organique, elle fait corps avec le territoire dans tout ce qu\u2019il pr\u00e9sente, dans tout ce que chacun est amen\u00e9 \u00e0 vivre, \u00e0 juger ou \u00e0 ignorer. Un rhizome d\u2019adversit\u00e9, de solidarit\u00e9, de modernit\u00e9, de nostalgie, de rejet, de besoin d\u2019animer la ville, d\u2019envie de partager quelque chose, de volont\u00e9 de suivre la mode ou de s\u2019en affranchir, d\u2019ouverture ou bien de cloisonnement dans son intimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel lieu c\u2019est tout cela, pas moins pas plus. Pas de bl\u00e9 sans paille, pas de beaut\u00e9 sans qu\u2019il ait quelconque d\u00e9faillance.<\/p>\n\n\n\n<p>Un extraordinaire attrait dans le fait que rien n\u2019est acquis et que tout reste \u00e0 b\u00e2tir, encore, inlassablement, tant que l\u2019on peut se raconter des histoires. Demeurent le magn\u00e9tisme du b\u00e2timent dans la ville, le souvenir de Monica Vitti crevant l\u2019\u00e9cran, l\u2019improbable d\u00e9couverte de <em>Mars Attacks!<\/em> en 1997.<\/p>\n\n\n\n<p>Un ensemble de ramifications dans lesquelles chacun puise. Avec effusion ou en restant dans les marges, cela importe peu. Il y a ce qui est palpable et ce qui ne se dit pas, les larmes coulant sans discontinuer, les films que l\u2019on oublie, le retour \u00e0 reculons, ce qui nous remue ou nous indiff\u00e8re, nos fluides r\u00e9agissant.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce qui n\u2019a pas besoin d\u2019explications.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; 8 juin 1940&nbsp;: le passage de <a href=\"https:\/\/www.ouest-france.fr\/pays-de-la-loire\/la-roche-sur-yon-85000\/vendee-quand-les-ecrivains-voyageurs-evoquaient-la-roche-sur-yon-483b1db2-fe8e-11eb-b25b-e686c75688fc\">Raymond Queneau<\/a> \u00e0 La Roche-sur-Yon se greffe \u00e0 une p\u00e9riode de sa vie empreinte de doutes sur la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Un jour de f\u00e9vrier en 2012\u00a0: j\u2019ai dix-neuf ans, depuis je n\u2019ai pas conclu avec le gar\u00e7on qui m\u2019a propos\u00e9 de voir <em>La Dame de fer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; 29 septembre 1970&nbsp;: Romy Schneider n\u2019a pas chant\u00e9 la <em>Chanson d\u2019H\u00e9l\u00e8ne<\/em> dans le film. Mais une, et d\u2019autres, s\u2019en souviennent. Qu\u2019importe donc si la m\u00e9moire \u00e9tait falsifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici le sujet n\u2019est pas qu\u2019une question de dates, de murs et de projecteurs. Il s\u2019agit en premier lieu de l\u2019empreinte de ce que l\u2019on y vit sur notre condition et notre regard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alors 110 ans rue Gouvion, <a href=\"https:\/\/www.cinema-concorde.com\/\">et autant rue Foch<\/a>, c\u2019est une histoire de cin\u00e9ma dans la ville, de cin\u00e9ma dans la vie, mais avant tout une question de sentiments. De sentiments et de l\u2019espace qui nous est donn\u00e9 pour les \u00e9prouver.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/index.php\/2023\/03\/26\/barto-et-les-amers-de-la-ville\/\">Lire aussi : Barto et les amers de la ville<\/a>, <a href=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/index.php\/2017\/09\/08\/art-dans-lespace-public-a-la-roche-sur-yon\/\">Art dans l\u2019espace public \u00e0 La Roche-sur-Yon, version 2 du plan-guide !<\/a>, <a href=\"https:\/\/williamchevillon.fr\/index.php\/2023\/03\/12\/1965-1985-reflexions-autour-de-lidentite-architecturale-de-la-roche-sur-yon\/\">1965-1985, R\u00c9FLEXIONS AUTOUR DE L\u2019IDENTIT\u00c9 ARCHITECTURALE DE LA ROCHE-SUR-YON<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 celles et ceux qui ont fait et font vivre le Concorde, le Familial, le Rex, Alpha 3, L&rsquo;Image, les festivals. \u00c0 celles et ceux de la SODECSO, la SOREDIC, la Sc\u00e8ne nationale (notamment Daniel Ramponi), la Ville et l&rsquo;EPCCCY. Aux associations (Festi&rsquo;Clap, Off Screen, Argone&#8230;). \u00c0 Bernard et Clotilde Barto, \u00e0 Ren\u00e9 Naulleau. \u00c0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":601,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[86,85,15],"class_list":["post-737","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-propos-culturels","tag-cinema","tag-histoire-de-lart","tag-la-roche-sur-yon"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>110 ans de cin\u00e9ma rue Gouvion - William Chevillon<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Texte prononc\u00e9 au cin\u00e9ma Concorde de La Roche-sur-Yon, avant d\u00e9m\u00e9nagement. 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